Par les temps qui courent

|   Par écrit   |  Fracastal   |  Californie   |  Jeux vocaux   |   Hélène Bardot  

mardi 23 septembre 2008

Enivrez-vous

" Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondrons: il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise"

Charles Baudelaire ("Le spleen de Paris, 7 Février 1864)

La discipline

"La discipline et la peur qu'elle implique correspondent à l'avidité de la réussite (...) Lorsque le moyen est le refoulement, la fin ne peut être qu'un produit de la peur."

J.Krishnamurti, "Commentaires sur la vie", t.2 -15

lundi 15 septembre 2008

Les remèdes

Parlant du magnifique enthousiasme et de l'unité revendicative des vignerons du midi lors de la révolte de 1907, Jaurès écrit:

"L'unité d'inspiration ne suffit pas, il faut l'unité de plan [...]
Si le midi ne sait pas ce qu'il veut, toute sa force de révolte et de revendications se perdra en quelques jours sans laisser de traces. Il ne peut pas souhaiter simplement la fin de la crise. Il faut qu'il dise nettement et fortement par quels moyens il croit qu'il peut y être mis fin. Des citoyens n'ont pas le droit de dire à l'état, à la nation: nous somme comme des malades, vous êtes des médecins: guérissez-nous! Non, les citoyens ne sont pas devant l'état comme des infirmes devant le guérisseur [...]
Le propre des démocraties c'est que les citoyens, quand ils souffrent, disent eux-mêmes comment ils entendent être soignés et guéris. Dans les pays libres et pour les maladies sociales, ce sont les malades eux-mêmes qui rédigent l'ordonnance."

Trouvé dans: "Jean Jaurès et le Languedoc viticole", de Jean Sagnes