Par les temps qui courent

|   Par écrit   |  Fracastal   |  Californie   |  Jeux vocaux   |   Hélène Bardot  

mardi 3 février 2009

Quotas d'interpellation

De source AFP, dans le journal " Le Point ":

" Plusieurs services de police ont reçus des objectifs chiffrés d'interpellations pour 2009.

À Chalons-en-Champagne, dans la Marne, les unités de la police de proximité devront procéder à 120 interpellations en 2009, et les brigades anticriminalité (Bac) à 162, des objectifs fixés par une note écrite émanant du chef de l'unité de police de proximité. Le document précise aussi qu'après "analyse des résultats obtenus en 2008", il est demandé à chaque brigade de roulement de "procéder à 65 interpellations a minima" en 2009. Combien de directions départementales de sécurité publique (DDSP) ont procédé de la même sorte ? On l'ignore.

Mais les responsables de chaque DDSP, où les chiffres 2008 n'ont pas été jugés satisfaisants, ont eu pour mission de fixer des objectifs pour améliorer les résultats. Les syndicats Unsa-police et le Syndicat général de la police (SGP-FO) ont dénoncé jeudi cette "course aux chiffres et au résultat qui devient une fin en soi". Le ministère de l'Intérieur a jugé "logique" que des "objectifs précis et chiffrés soient fixés aux forces de police" par les DDSP, sans toutefois fournir plus de précision quant au nombre de directions concernées."

Sur les ondes de France Inter, aujourd'hui, un des responsables de la police justifiait de telles pratiques en parlant de benchmarking.
Selon Wikipédia:

"Le benchmarking (en français : étalonnage ou analyse comparative ou parangonnage) est une technique de marketing ou de gestion de la qualité qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d'organisation des autres entreprises afin de s'en inspirer et d'en retirer le meilleur. C'est un processus continu de recherche, d'analyse comparative, d'adaptation et d'implantation des meilleures pratiques pour améliorer la performance des processus dans une organisation.

Un benchmark est un indicateur chiffré de performance dans un domaine donné (qualité, productivité, rapidité et délais, etc.) tiré de l'observation des résultats de l'entreprise qui a réussi le mieux dans ce domaine. Cet indicateur peut servir à définir les objectifs de l'entreprise qui cherche à rivaliser avec elle... "

Autrement dit: la police est une entreprise comme les autres, qui doit justifier de l'argent qu'on lui donne en interpelant un max de gens. C'est ça leur boulot...
Mais quand même: j'aimerais bien savoir quels sont les éléments de comparaison et quelles sont les entreprises concurrentes.

lundi 2 février 2009

Éoliennes: Vent de colère

Voici un résumé du dossier très conséquent publié sur le site "Les Dossiers du Net", ayant trait aux implantations d'éoliennes. Pour plus de détails (et ils sont très fournis), voir sur le site...

" En lutte contre le décret Cochet de juin 2001, le collectif Vent de Colère a élaboré une charte de bonne conduite qu’elle souhaiterait voir appliquée par les promoteurs d’énergie éolienne.

Avertissement : Ce code de bonne conduite ne signifie pas que Vent de Colère approuve l’implantation d’éoliennes. Ces règles de bonne conduite ne sont là que pour essayer de réduire les effets néfastes immédiats des éoliennes...

Article1
Dans le cadre d’une directive européenne le gouvernement a prévu, dans les PPI, un maximum de 6000 MW éoliens continentaux et de 1500 MW éoliens off shore au 31-12-2006.

Article 2
Il faut que les calculs de TP (Taxe Professionnelle) soient avalisés par une autorité agréée (qui ne soit pas l’ADEME) car cet élément intervient de façon primordiale dans la décision des maires. Chaque année, la TP réellement perçue par la commune sera rendue publique.

Article 3
Il faut que toutes les charges laissées aux communes soient clairement explicitées et chiffrées ainsi que tous les problèmes prévisibles avec leur conséquences financières pour la collectivité.

Article 4
À fin d’éliminer toute nuisance autre que paysagère, il convient que la distance minimale des éoliennes aux habitations soit de 30 à 50 fois la hauteur en bout de pale. Pour un choix donné de site, le promoteur rachètera au cours du marché les habitations se trouvant à une distance moindre.

Article 5
Il faut qu’un exemplaire de l’étude d’impact soit remis à l’association qui conteste le projet éolien, en même temps qu’au maire.

Article 6
Les experts avifaune et flore seront indépendants, devront avoir une qualification reconnue et faire un nombre de visites minimum adapté à la richesse du site. On ne pourra en aucun cas mettre de machines à proximité ou dans une ZNIEFF (Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique)

Article 7
Les séances d’information organisées par les promoteurs, l’ADEME , le CAUE11, l’AME, le CLER, l’AMORCE, l’ENE, etc...

  1. seront destinées en première priorité à la population et en seconde priorité aux maires.
  2. seront contradictoires avec un temps de parole égal pour les associations anti anarchie éolienne. Les envoyés directs ou indirects de l’ADEME ou d’entités similaires conserveront la réserve que l’on peut attendre de ces organismes. Les sondages seront préparés avec l’aide des associations anti anarchie éolienne et confiés à des organismes de sondage indépendants.

Article 8
Pas de machines sur les crêtes. Pas de machines en bord de plateau. Pas de machines à 100 fois la hauteur en bout de pale d’un monument ou site inscrit ou classé ou d’une ZPPAUP. L’information et l’enquête publique touchera tous le territoire situé dans un rayon de 100 fois la hauteur en bout de pale autour des machines, quelques soient les limites administratives. Application stricte des contraintes de covisibilité décelées par la commission des sites.

Article 9
Chaque année, l’exploitant fournira, preuve à l’appui, la production de chaque site. Il est également invité à signaler de façon précise les emplois permanents créés dans un rayon de 50 km de la centrale en dehors des travaux d’installation.

Article 10
La limite de 12 MW par projet, telle que définie par la loi et son esprit, sera respectée.

Article 11
En cas de perturbations électromagnétiques (télévision, radio, radio amateur, etc.), l’exploitant prendra les mesures (relais, paraboles, etc.) nécessaires au rétablissement de la situation telle qu’elle existait avant les machines.

Article 12
Une fois le permis de construire accordé pour une centrale, aucune extension ne sera permise que ce soit la taille, la puissance ou le nombre de machines.

Conclusion

... La mise en coupe réglée des français, garantie par l’État et servie avec empressement par la propagande de l’ADEME et ses satellites, amène les maires hypnotisés par la taxe professionnelle à accepter le saccage du patrimoine paysager et d’insupportables nuisances pour les riverains, que ceux ci soient ou non habitants de la commune. Si l’on a quelque peu le sens de l’État et le sens du bien public, ce qui en outre constitue une imposture écologiques conduisant à l’augmentation des gaz à effet de serre ne peut que susciter révolte et mépris."

Pour ce qui est de la propension des maires à se laisser hypnotiser par la taxe professionnelle, je suis quand à moi très curieux de savoir ce qu'il en sera, suite à l'annonce présidentielle concernant justement la suppression en 2010 de la dite taxe.
À suivre donc...

samedi 24 janvier 2009

DGCCRF menacée !

DGCCRF ! Ça veut dire: Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes. Et les agents de cet organisme-là tirent (eux aussi !) le signal d'alarme:

" Consommateurs, votre sécurité est en danger !
Votre protection est en danger !
Défendez-vous ! Agissez !

Nous, agents de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes, nous assurons au quotidien la défense de vos intérêts économiques (loyauté des transactions et qualité des produits), matériels et physiques (sécurité des produits alimentaires et industriels).

Nous vous alertons aujourd'hui, vous, consommateurs !

Car, dès demain, la DGCCRF, seule administration en charge de votre protection et largement reconnue pour sa réactivité et son efficacité (73% d'opinions favorables contre 56% il y a 3 ans), est fortement menacée de disparition pure et simple.
Elle ne sera plus une administration organisée sur l'ensemble du territoire, avec des réseaux nationaux de contrôle capable d'intervenir rapidement et avec efficacité sur des pratiques frauduleuses tant nationales que locales.

La DGCCRF va devenir un simple service local de contrôle chargé de mettre en œuvre les « arbitrages » des Préfets entre les entreprises et vous, consommateurs.
C'est l'histoire du pot de terre et du pot de fer ! Car, en cas de conflit d'intérêts,de quel côté pensez-vous que la balance va pencher ?
POSER LA QUESTION, C'EST Y RÉPONDRE !


L'activité de la DGCCRF ne sera désormais plus coordonnée au niveau national mais sera dictée par ce qui gêne ou non les professionnels locaux. C'est un cadeau de plus fait par le gouvernement aux entreprises.
Quant à vous consommateurs, vous devrez, dans le meilleur des cas, vous contenter d'une aide « ad minima », type arbitrage individuel local ou justice civile.

Et demain, que se passera-t-il si la France connaît un nouveau scandale ESB (vache folle) ? Poulet à la dioxine ? Lait infantile empoisonné à la mélamine ?…

Quelle administration sera capable d'effectuer les actions indispensables (retrait des produits...) à la sécurité de tous sur l'ensemble du territoire national comme le fait aujourd'hui la DGCCRF, en relation avec son administration centrale et son réseau de laboratoires ?

Consommateurs, ne laissez pas le gouvernement, sous prétexte de réformes, casser le service public !!
Ne laissez pas le gouvernement sacrifier la sécurité de tous !
Signez notre nouvelle pétition et exigez une administration indépendante du pouvoir politique et des pressions économiques locales !

jeudi 8 janvier 2009

Nous y sommes

Un texte de Fred Vargas, que j'aime bien, même si d'aucuns ( pour éviter de trop réfléchir ? ) ne veulent y voir qu'une nostalgie du moyen-age... On le trouve sur le blog d' europe écologie

" Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui.On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines (on s'est quand même bien marrés). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas, archézoologue, historienne et écrivain

vendredi 2 janvier 2009

Procès de David

Procès pour un refus de prélèvement ADN

"  Dans un silence médiatique quasi-absolu, l'état français instaure le fichage génétique des personnes présumées ou jugées coupables de presque toute action illégale et de toutes les personnes considérées comme déviantes : vol à l'étalage - tags - collage d'affiche - manifestants - syndicalistes - militants anti-pub - faucheurs d'OGM - soutien aux sans papiers - regroupement familial des immigrés...

    Le fichage ADN était initialement destiné aux crimes les plus graves. Actuellement, au moins 700 000 profils ADN sont regroupés dans le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) y compris celui d'enfants et d'adolescents. Exceptions incompréhensibles, les délits financiers et les abus de biens sociaux ne sont pas concernés par ce dispositif.
    La loi du 18 mars 2003 (article 706-54) marque un tournant juridique majeur puisqu'elle instaure la présomption de culpabilité à la place de la présomption d'innocence. Pour les promoteurs du fichage ADN, tout individu présentant des comportements jugés « déviants », aussi minimes soient-ils, est un criminel en puissance.

    Les prélèvements ADN sont des atteintes au corps humain inviolable (voir article16 du code civil) et des atteintes à la vie privée. Nous n'avons aucune certitude quant à leurs utilisations futures, politiques, administratives, voire commerciales (assurance..).

    Le prélèvement génétique est une dérive sécuritaire et totalitaire de plus. Il renforce un ordre social injuste et ouvre la porte à toutes les discriminations possibles. Nous pouvons encore refuser avant que notre ADN ne soit prélevé systématiquement, comme le préconise Christian Estrosi, rapporteur du projet de loi pour la “sécurité intérieur”, proche de Nicolas Sarkozy : “Les citoyens seraient mieux protégés si leur données ADN étaient recueillies dès leur naissance”(le Monde du 16/01/07).

     David, en infraction pour avoir planté un peu de cannabis dans son jardin, s'est vu demander un prélèvement ADN par la gendarmerie de son village d'Ariège bien que inculpé uniquement pour détention-usage et non pour trafic.
     David a refusé de se livrer à ce prélèvement malgré la pression psychologique : menace d'une garde à vue de 48 heures et risque d'une peine de un an de prison et de 15 000 euros d'amende (article 706-56 modifié au 5 mars 2007). Pour ce second délit, David doit se présenter devant le tribunal correctionnel de Foix le 6 janvier 2009 à 14h00.

     Nous appelons donc à refuser la pratique abusive du fichage ADN et à soutenir David le 6 janvier. "

Source: Comité de soutien à David.

Je n'ai trouvé aucun site dédié au refus de prélèvement ADN. On en parle à droite à gauche, mais rien pour centraliser les infos et pétitionner... On peut tout de même jeter un œil sur Big Brother Award (France).

Lire la suite...

lundi 8 décembre 2008

J.Testart et le Téléthon

Jacques Testart, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie de la reproduction, «père scientifique» du premier bébé éprouvette français, et auteur de plusieurs essais témoignant de son engagement pour «une science contenue dans les limites de la dignité humaine», écrivait dans son livre : Le vélo, le mur et le citoyen"

«Technoscience et mystification : le Téléthon. Depuis bientôt deux décennies, deux jours de programme d’une télévision publique sont exclusivement réservés chaque année à une opération remarquablement orchestrée, à laquelle contribuent tous les autres médias : le Téléthon. Ainsi, des pathologies, certes dramatiques mais qui concernent fort heureusement assez peu de personnes (deux ou trois fois moins que la seule trisomie 21 par exemple), mobilisent davantage la population et recueillent infiniment plus d’argent que des maladies tout aussi terribles et cent ou mille fois plus fréquentes. On pourrait ne voir là que le succès mérité d’un lobbying efficace, et conseiller à toutes les victimes de toutes les maladies de s’organiser pour faire aussi bien. Ce serait omettre, par exemple, que :

  • Le potentiel caritatif n’est pas illimité. Ce que l’on donne aujourd’hui contre les myopathies, on ne le donnera pas demain contre le paludisme (2 millions de morts chaque année, presque tous en Afrique)
  • Presque la moitié des sommes recueillies (qui sont équivalentes au budget de fonctionnement annuel de toute la recherche médicale française) alimentent d’innombrables laboratoires dont elles influencent fortement les orientations. Ainsi, contribuer à la suprématie financière de l’Association française contre les myopathies (l’AFM, qui recueille et redistribue à sa guise les fonds collectés), c’est aussi et surtout empêcher les chercheurs (statutaires pour la plupart, et donc payés par l’État, mais aussi thésards et, surtout, post-doctorants vivant sur des financements de l’AFM, forcément fléchés) de contribuer à lutter contre d’autres pathologies, ou d’ouvrir de nouvelles pistes
  • Il ne suffit pas de disposer des moyens financiers pour guérir toutes les pathologies. Laisser croire à cette toute puissance de la médecine, comme le fait le Téléthon, c’est tromper les malades et leurs familles
  • Après vingt ans de promesses, la thérapie génique, ne semble plus être une stratégie compétente pour guérir la plupart des maladies génétiques

Lorsque des sommes aussi importantes sont recueillies, et induisent de telles conséquences, leur usage mériterait d’être décidé par un conseil scientifique et social qui ne soit pas inféodé à l’organisme qui les collecte.

Mais comment aussi ne pas s’interroger sur le contenu magique d’une opération où des gens, allumés par la foi scientifique, courent jusqu’à l’épuisement ou font nager leur chien dans la piscine municipale… pour “vaincre la myopathie” ? Au bout de la technoscience, pointent les oracles et les sacrifices de temps qu’on croyait révolus…»

En octobre 2007, là sur son blog, il écrivait aussi (extrait) :

" Les OGM sont disséminés sans nécessité puisqu’ils n’ont pas démontré leur potentiel et présentent des risques réels pour l’environnement, la santé et l’économie. Ils ne sont donc que des avatars de l’agriculture intensive qui permettent aux industriels de faire fructifier les brevets sur le vivant. Au contraire, les essais thérapeutiques sur les humains sont justifiés quand ils sont la seule chance, même minime, de sauver une vie. Mais il est contraire à l’éthique scientifique (et médicale) de faire miroiter des succès imminents des uns ou des autres. Malgré la persistance des échecs, les tenants de la thérapie génique (qui sont souvent les mêmes que ceux des OGM) affirment que “ça va finir par marcher”, et ont su créer une telle attente sociale que la “mystique du gène” s’impose partout, jusque dans l’imaginaire de chacun. Le succès constant du Téléthon démontre cet effet puisqu’à coups de promesses toujours réitérées, et grâce à la complicité de personnalités médiatiques et scientifiques, cette opération recueille des dons dont le montant avoisine celui du budget de fonctionnement de toute la recherche médicale en France. Cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens financiers (crédits publics, industriels, et caritatifs) et intellectuels (focalisation des revues, congrès, contrats, accaparement des étudiants…). Alors, la plupart des autres recherches se retrouvent gravement paupérisées — une conséquence qui paraît échapper aux généreux donateurs de cette énorme opération caritative… "

Enfin, dans une interview accordée en janvier 2000 à Médecines-Douces.com il déclarait :

Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace. Si les gens savaient que leur argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises, puis à éliminer des embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis. Le professeur Marc Peschanski, l’un des artisans de cette thérapie génique, a déclaré qu’on fait fausse route. On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir. De plus, si on progresse techniquement, on ne comprend pas mieux la complexité du vivant. Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme"

Ça mériterait d'y regarder d'un peu plus près, non?

vendredi 5 décembre 2008

ELIANT: cherchez l'erreur

Depuis déjà quelque temps circule par courriel un appel à pétition pour défendre, entre autre, la médecine homéopathique. Le voici:

"SUJET: Homéopathie en danger

Loi européenne sur l'interdiction des produits homéopathiques

Sans doute le savez-vous déjà ... mais peut-être n'êtes-vous pas encore bien informés...De nouvelles réglementations européennes prévues pour 2009 veulent décider de supprimer la vente légale des médicaments homéopathiques Weleda, ainsi que tous ceux reliés à l'anthroposophie (Rudolf Steiner).
De même les possibilités de culture biologique en biodynamie (marque Demeter), la pédagogie Steiner(dites écoles libres, ou écoles Waldorf), les centres dédiés aux enfants handicapés moteurs ou cérébraux) sont remis en question par la communauté européenne.
La raison principale en est la force des lobbies pharmaceutiques et cosmétiques qui sont menacés par le développement et l'intérêt de plus en plus de citoyens pour les aliments, médicaments et produits anthroposophiques. La fondation Eliant a été créée pour soutenir un mouvement international pour le respect de nos libertés en matière d'alimentation, de soins et de pédagogie. Elle a pour but de rassembler un million de signatures (ce chiffre permet une véritable reconnaissance de la pétition à Bruxelles).
J'ai signé, et vous ? Pour une fois, c'est très facile, il suffit de cliquer sur le drapeau de votre pays pour directement apposer votre nom et adresse e-mail. Le site est par ailleurs vraiment bien conçu et très, très instructif. Voilà, c'est transmis ...
http://www.eliant.eu/new/lang/fr/ "

Et bien pour moi ce n'est pas honnête, parce qu'en prétendant défendre la médication homéopathique (d'ailleurs pas menacée, à ce que je sache, aucune preuve de cette menace n'étant même fournie), la fondation Eliant cherche à recueillir des signatures qui ne lui serviront qu'à défendre la médecine anthroposophique (ce qui n'est pas la même chose). Le texte de la pétition est d'ailleurs clair là-dessus:

"Par ma signature, j'apporte mon soutien à l'Alliance ELIANT qui vise à assurer la reconnaissance juridique pleine et entière de la médecine anthroposophique, des produits alimentaires Demeter, de la pédagogie Steiner-Waldorf et des autres initiatives issues de l'anthroposophie en Europe."

... ce qui ne veut pas dire" défendre l'homéopathie", même si la médecine anthroposophique utilise également l'homéopathie.

D'ailleurs ELIANT signifie: "European Alliance of Initiatives for Applied Anthroposophy" = "Alliance Européenne des initiatives pour l'anthroposophie appliquée"... Ce qui est étrangement traduit par "Européenne Alliance des Initiatives issues de l'ANThroposophie", formulation on ne peut plus ambigüe !!!

Plus grave (cf. http://www.eliant.eu/new/lang/fr/?p=22)

"... pour l’instant, les signatures soutiennent l’Alliance d’une façon générale et non pas pour une demande précise. Mais lorsque finalement le nombre le plus grand possible de signatures sera déposé auprès des instances de Bruxelles, toute demande particulière ultérieure pourra s’y référer."

Pour moi ça empeste l'arnaque! "Signez en croyant défendre l'homéopathie et la pluralité des médecines, et puis on pourra ensuite demander ce qu'on veut, puisqu'en fait vous ne signez que pour la défense de l'anthroposophie appliquée".

A parcourir internet, je ne peux que déplorer que des réseaux "bio" et de médecines parallèles continuent à se précipiter ainsi, sans discernement, dans ce genre de manipulation...

Dernière nouvelle:

On peut lire sur le site de la fondation l'avertissement suivant:

" Des e-mails "sauvages" circulant de façon non contrôlée font état de nouvelles réglementations européennes faisant notamment courir un risque imminent aux médicaments anthroposophiques. Ces messages déformés et inexacts n’émanent pas d’Eliant et ne reflètent pas la réalité.

Bien que la situation ne soit pas idéale, nous rappelons qu’au contraire l’Union européenne a eu un rôle globalement positif dans la reconnaissance des médicaments anthroposophiques.

Certes un long chemin reste à faire avant qu’une majorité de produits et services issus de l’anthroposophie, en particulier l’agriculture bio-dynamique bénéficient d’une juste reconnaissance au sein des réglementations européennes.

Mais Eliant fait confiance aux processus démocratiques des institutions européennes. C’est précisément la raison de cette campagne citoyenne de signatures, dans le but de faire évoluer la réglementation. "

Et bien voila! ... Il s'agirait donc d'éléments incontrôlés ;)
Comme quoi, avant de signer ou de faire suivre tout ce qui passe par nos boites aux lettres... Soupir...

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