Par les temps qui courent

|   Par écrit   |  Fracastal   |  Californie   |  Jeux vocaux   |   Hélène Bardot  

lundi 8 décembre 2008

J.Testart et le Téléthon

Jacques Testart, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie de la reproduction, «père scientifique» du premier bébé éprouvette français, et auteur de plusieurs essais témoignant de son engagement pour «une science contenue dans les limites de la dignité humaine», écrivait dans son livre : Le vélo, le mur et le citoyen"

«Technoscience et mystification : le Téléthon. Depuis bientôt deux décennies, deux jours de programme d’une télévision publique sont exclusivement réservés chaque année à une opération remarquablement orchestrée, à laquelle contribuent tous les autres médias : le Téléthon. Ainsi, des pathologies, certes dramatiques mais qui concernent fort heureusement assez peu de personnes (deux ou trois fois moins que la seule trisomie 21 par exemple), mobilisent davantage la population et recueillent infiniment plus d’argent que des maladies tout aussi terribles et cent ou mille fois plus fréquentes. On pourrait ne voir là que le succès mérité d’un lobbying efficace, et conseiller à toutes les victimes de toutes les maladies de s’organiser pour faire aussi bien. Ce serait omettre, par exemple, que :

  • Le potentiel caritatif n’est pas illimité. Ce que l’on donne aujourd’hui contre les myopathies, on ne le donnera pas demain contre le paludisme (2 millions de morts chaque année, presque tous en Afrique)
  • Presque la moitié des sommes recueillies (qui sont équivalentes au budget de fonctionnement annuel de toute la recherche médicale française) alimentent d’innombrables laboratoires dont elles influencent fortement les orientations. Ainsi, contribuer à la suprématie financière de l’Association française contre les myopathies (l’AFM, qui recueille et redistribue à sa guise les fonds collectés), c’est aussi et surtout empêcher les chercheurs (statutaires pour la plupart, et donc payés par l’État, mais aussi thésards et, surtout, post-doctorants vivant sur des financements de l’AFM, forcément fléchés) de contribuer à lutter contre d’autres pathologies, ou d’ouvrir de nouvelles pistes
  • Il ne suffit pas de disposer des moyens financiers pour guérir toutes les pathologies. Laisser croire à cette toute puissance de la médecine, comme le fait le Téléthon, c’est tromper les malades et leurs familles
  • Après vingt ans de promesses, la thérapie génique, ne semble plus être une stratégie compétente pour guérir la plupart des maladies génétiques

Lorsque des sommes aussi importantes sont recueillies, et induisent de telles conséquences, leur usage mériterait d’être décidé par un conseil scientifique et social qui ne soit pas inféodé à l’organisme qui les collecte.

Mais comment aussi ne pas s’interroger sur le contenu magique d’une opération où des gens, allumés par la foi scientifique, courent jusqu’à l’épuisement ou font nager leur chien dans la piscine municipale… pour “vaincre la myopathie” ? Au bout de la technoscience, pointent les oracles et les sacrifices de temps qu’on croyait révolus…»

En octobre 2007, là sur son blog, il écrivait aussi (extrait) :

" Les OGM sont disséminés sans nécessité puisqu’ils n’ont pas démontré leur potentiel et présentent des risques réels pour l’environnement, la santé et l’économie. Ils ne sont donc que des avatars de l’agriculture intensive qui permettent aux industriels de faire fructifier les brevets sur le vivant. Au contraire, les essais thérapeutiques sur les humains sont justifiés quand ils sont la seule chance, même minime, de sauver une vie. Mais il est contraire à l’éthique scientifique (et médicale) de faire miroiter des succès imminents des uns ou des autres. Malgré la persistance des échecs, les tenants de la thérapie génique (qui sont souvent les mêmes que ceux des OGM) affirment que “ça va finir par marcher”, et ont su créer une telle attente sociale que la “mystique du gène” s’impose partout, jusque dans l’imaginaire de chacun. Le succès constant du Téléthon démontre cet effet puisqu’à coups de promesses toujours réitérées, et grâce à la complicité de personnalités médiatiques et scientifiques, cette opération recueille des dons dont le montant avoisine celui du budget de fonctionnement de toute la recherche médicale en France. Cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens financiers (crédits publics, industriels, et caritatifs) et intellectuels (focalisation des revues, congrès, contrats, accaparement des étudiants…). Alors, la plupart des autres recherches se retrouvent gravement paupérisées — une conséquence qui paraît échapper aux généreux donateurs de cette énorme opération caritative… "

Enfin, dans une interview accordée en janvier 2000 à Médecines-Douces.com il déclarait :

Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace. Si les gens savaient que leur argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises, puis à éliminer des embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis. Le professeur Marc Peschanski, l’un des artisans de cette thérapie génique, a déclaré qu’on fait fausse route. On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir. De plus, si on progresse techniquement, on ne comprend pas mieux la complexité du vivant. Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme"

Ça mériterait d'y regarder d'un peu plus près, non?

vendredi 5 décembre 2008

ELIANT: cherchez l'erreur

Depuis déjà quelque temps circule par courriel un appel à pétition pour défendre, entre autre, la médecine homéopathique. Le voici:

"SUJET: Homéopathie en danger

Loi européenne sur l'interdiction des produits homéopathiques

Sans doute le savez-vous déjà ... mais peut-être n'êtes-vous pas encore bien informés...De nouvelles réglementations européennes prévues pour 2009 veulent décider de supprimer la vente légale des médicaments homéopathiques Weleda, ainsi que tous ceux reliés à l'anthroposophie (Rudolf Steiner).
De même les possibilités de culture biologique en biodynamie (marque Demeter), la pédagogie Steiner(dites écoles libres, ou écoles Waldorf), les centres dédiés aux enfants handicapés moteurs ou cérébraux) sont remis en question par la communauté européenne.
La raison principale en est la force des lobbies pharmaceutiques et cosmétiques qui sont menacés par le développement et l'intérêt de plus en plus de citoyens pour les aliments, médicaments et produits anthroposophiques. La fondation Eliant a été créée pour soutenir un mouvement international pour le respect de nos libertés en matière d'alimentation, de soins et de pédagogie. Elle a pour but de rassembler un million de signatures (ce chiffre permet une véritable reconnaissance de la pétition à Bruxelles).
J'ai signé, et vous ? Pour une fois, c'est très facile, il suffit de cliquer sur le drapeau de votre pays pour directement apposer votre nom et adresse e-mail. Le site est par ailleurs vraiment bien conçu et très, très instructif. Voilà, c'est transmis ...
http://www.eliant.eu/new/lang/fr/ "

Et bien pour moi ce n'est pas honnête, parce qu'en prétendant défendre la médication homéopathique (d'ailleurs pas menacée, à ce que je sache, aucune preuve de cette menace n'étant même fournie), la fondation Eliant cherche à recueillir des signatures qui ne lui serviront qu'à défendre la médecine anthroposophique (ce qui n'est pas la même chose). Le texte de la pétition est d'ailleurs clair là-dessus:

"Par ma signature, j'apporte mon soutien à l'Alliance ELIANT qui vise à assurer la reconnaissance juridique pleine et entière de la médecine anthroposophique, des produits alimentaires Demeter, de la pédagogie Steiner-Waldorf et des autres initiatives issues de l'anthroposophie en Europe."

... ce qui ne veut pas dire" défendre l'homéopathie", même si la médecine anthroposophique utilise également l'homéopathie.

D'ailleurs ELIANT signifie: "European Alliance of Initiatives for Applied Anthroposophy" = "Alliance Européenne des initiatives pour l'anthroposophie appliquée"... Ce qui est étrangement traduit par "Européenne Alliance des Initiatives issues de l'ANThroposophie", formulation on ne peut plus ambigüe !!!

Plus grave (cf. http://www.eliant.eu/new/lang/fr/?p=22)

"... pour l’instant, les signatures soutiennent l’Alliance d’une façon générale et non pas pour une demande précise. Mais lorsque finalement le nombre le plus grand possible de signatures sera déposé auprès des instances de Bruxelles, toute demande particulière ultérieure pourra s’y référer."

Pour moi ça empeste l'arnaque! "Signez en croyant défendre l'homéopathie et la pluralité des médecines, et puis on pourra ensuite demander ce qu'on veut, puisqu'en fait vous ne signez que pour la défense de l'anthroposophie appliquée".

A parcourir internet, je ne peux que déplorer que des réseaux "bio" et de médecines parallèles continuent à se précipiter ainsi, sans discernement, dans ce genre de manipulation...

Dernière nouvelle:

On peut lire sur le site de la fondation l'avertissement suivant:

" Des e-mails "sauvages" circulant de façon non contrôlée font état de nouvelles réglementations européennes faisant notamment courir un risque imminent aux médicaments anthroposophiques. Ces messages déformés et inexacts n’émanent pas d’Eliant et ne reflètent pas la réalité.

Bien que la situation ne soit pas idéale, nous rappelons qu’au contraire l’Union européenne a eu un rôle globalement positif dans la reconnaissance des médicaments anthroposophiques.

Certes un long chemin reste à faire avant qu’une majorité de produits et services issus de l’anthroposophie, en particulier l’agriculture bio-dynamique bénéficient d’une juste reconnaissance au sein des réglementations européennes.

Mais Eliant fait confiance aux processus démocratiques des institutions européennes. C’est précisément la raison de cette campagne citoyenne de signatures, dans le but de faire évoluer la réglementation. "

Et bien voila! ... Il s'agirait donc d'éléments incontrôlés ;)
Comme quoi, avant de signer ou de faire suivre tout ce qui passe par nos boites aux lettres... Soupir...

lundi 1 décembre 2008

La Chose-publique

C'est ce que veut dire "Ré-publique"... Littéralement... Et bien on peut dire qu'elle se réduit comme une peau de chagrin cette chose là! Ceux qui sont censés la diriger se plaisent à en transférer des pans entiers dans le domaine privé. Parmi toutes ces manipulations, une des dernières en date vient du ministère de l'éducation nationale, qui en octobre a lancé un appel d'offre pour une "veille d'opinion". Dans la logique de nos gouvernants, rien de plus normal: ils considèrent l'état comme une entreprise, et dans leur idée entreprise veut dire: organisme qui fait des bénéfices, ou pour le moins ne perd pas d'argent au sein de sa propre sphère. Ce qui bien-sur est totalement incompatible avec la notion de "service public", dont les bénéfices se mesurent ailleurs que dans les livres de comptes de l'entreprise en question. Autrement dit: la vision du monde à la manière du CNPF n'a rien à voir avec une Ré-publique du service.

Voici donc ce dont de quoi-t-il s'agit: le ministère de l'éducation nationale et celui de l'enseignement supérieur et de la recherche (je ne savais pas que c'était 2 ministères distincts) proposent de payer (respectivement 100 000 et 120 000€ hors-taxes par an) à une boite privée pour surveiller l'état de l'opinion en ce qui les concerne. Et pour ce faire :

" La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)."

Officiellement c'est pour pouvoir mieux répondre aux désirs des citoyens. Bravo! Sauf que dans le cahier des charges il est bien précisé qu'il faudra entre autre (je cite):

  • Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau.
  • Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
  • Alerter et préconiser en conséquence

Pour moi, c'est ce "préconiser" qui couine. Qu'un ministère qui se considère comme une entreprise fasse appel au privé pour avoir une photographie de son image de marque, c'est dans sa logique... Pourquoi pas... Mais "préconiser" n'est pas de la compétence d'une entreprise de "veille d'opinion": pour préconiser dans le domaine public il faut que soit publiquement définie une ligne politique. Et c'est là où ça craint car ce n'est pas le cas: il y a transfert du politique dans la sphère privée, et ce au niveau même de l'état! Adieu Ré-publique, je t'aimais bien tu sais...

Et puis les Renseignements Généraux sont-ils donc devenus incompétents ? Préfère-t-on faire payer leur boulot par l'éducation nationale? Se méfie-t-on à ce point, et des renseignements généraux, et de l'éducation nationale?

Dès qu'on brandit la possibilité d'une dictature on se fait traiter de "diaboliseur", d'adepte de la théorie du complot ou du catastrophisme... Mais la dictature est déjà là! Elle est connue, elle porte un nom: dictature des marchés. On refuse d'en voir la violence sous prétexte qu'il en est des pires. L'état du monde devrait pourtant nous en convaincre.

L'éducation nationale, et plus encore l'enseignement supérieur et la recherche, sont des milieux où l'analyse de données est monnaie courante. C'est de plus un milieu très syndiqué. Et c'est justement ce milieu là dont on veut surveiller l'opinion. Coïncidence? Mais oui bien-sûr : ne voyez pas de la malveillance et du complot partout!... Les grandes insurrections débutent souvent par une contestation universitaire; mais là aussi c'est une coïncidence... Bien-sur voyons! Croyez-en nos ministres : ils sont réputés pour ne jamais mentir... où alors juste pour le bien commun, cette belle Chose-publique dont ils sont les garants.

Voir l'appel d'offre en question

samedi 22 novembre 2008

La pause

Force m'est de constater qu'à passer tant d'heures devant un écran d'ordinateur j'ai les yeux qui fatiguent. Et comme je dois aussi compléter d'autres blogs et peaufiner un synthétiseur virtuel pour le festival Son Miré de 2009, me faut hélas choisir. J'ai donc décidé de faire une pause sur ce blog-ci.

Alors avant la pause, et  pour résumer ce que je pense du monde, par les temps qui courent :

  • La soif de consommer promotionnée par le système économique en place (dit: capitaliste) conduit au ravage des ressources naturelles, à la forte diminution de la bio-diversité, ainsi qu'à des changements profonds radicaux et rapides dans le climat, tout cela au détriment de plus en plus visible des populations de la planète. Qu'on ne tourne pas autour du pot : du point de vue de cet appauvrissement réel, un tel système, qui ne fonctionne que sur la sacro-sainte croissance, ne peut pas être "adouci", "humanisé" ou tout autre gentil qualificatif qu'on se plairait à y accoler. Autrement dit: il ne peut qu'être changé.
  • Ce changement ne se fera pas tout seul, car:
  • la privatisation forcenée voulue par les tenants du libéralisme, conduit (par la main-mise des grands groupes d'intérêt sur les moyens d'information) à propager une vision pourtant objectivement du monde contraire à l'intérêt général.
  • Il ne ne se fera pas non plus en douceur, car pourquoi donc les bénéficiaires du système abandonneraient-ils leurs privilèges??? La grâce divine? Force est bien de constater que les opposants institutionnalisés manquent de radicalité, de projets réellement alternatifs.
  • Régulièrement et pour vider le trop plein de pression, le système met en place un "porteur d'espoir" qui promet le changement (tous les politiques prônent le changement, vous avez remarqué?). Or il ne peut accéder au pouvoir d'état qu'avec l'appui financier des grands groupes d'intérêt (cf. le coût de la campagne d'Obama) c'est à dire des tenants même du système en place.
  • La crise environnementale est bien-sûr une manne pour l'expansion industrielle qui prévoit de se refaire une jeunesse avec les technologies qualifiées d"alternatives". Or ce n'est pas la technologie qui est en cause mais le fait que le système capitaliste ne peut survivre qu'en produisant de plus en plus. Et c'est bien pour cela qu'il a besoin de nouveautés, qu'on nous présente alors comme autant de "révolutions", mais qui pratiquement ne changent que le décor. Chaque fois qu'eut lieu un tel rebondissement technologique il fut présenté comme la solution qui allait permettre au "pays émergents (ex-pays "du tiers-monde", ex-pays "sous-développés) d'enfin rejoindre les rangs des grands gagnants de la grande civilisation moderne et démocratique. Voir par exemple les envolées lyriques accompagnant les débuts de la micro-informatique, et plus récemment ceux des OGM. Mais si on se donne la peine d'étudier les résultats dans leur ensemble et au niveau planétaire, on constate pourtant que de moins en moins d'individus se partagent de plus en plus de richesses.
  • La révolution sociale, la seule qui puisse arrêter ce processus destructeur de la croissance infinie, n'est pas de ce tonneau là. Elle ne viendra ni d'en haut ni d'une découverte technico-scientifique. Il faudra l'imposer, d'une façon ou d'une autre, et ce ne sera pas dans la douceur de vivre.

Bon, j'arrête là. Ah non, encore un mot. Pour sauver un système financier qui permet de gagner des fortunes en ne faisant que déplacer de l'argent virtuel d'une simple pression du bout du doigt sur un clavier, on vient de débloquer des sommes colossales sorties du chapeau des prestidigitateurs sur gage qui font et défont les gouvernements... sommes qu'il faudra bien créer dans le monde réel par beaucoup de travail à venir... Et bien pas de soulèvement populaire, pas d'imprécations rageuses venues des gauches éligibles appelant à la révolte. Non! Tout est normal... Nos gouvernants continuent à diminuer les effectifs de l'éducation nationale tout en affirmant que l'éducation n'en sera que meilleure... et on les croit!... Tout est normal... (Pour ne parler que de ça)

Comment donc résister?
D'abord, je ferai remarquer que les seules fois où les gouvernants ont (un peu) reculé c'est à la suite d'actions concrètes ne se contentant pas de marcher dans la rue avec des pancartes: blocages de réseaux, fauchages de cultures... (pour ne parler que d'actions récentes), ce qu'on appelle de la désobéissance civile.
Ensuite, il est nécessaire d'aller chercher une information non liée aux grands groupes médiatiques, et de la faire circuler. Pour cela je ne peux que donner les adresses suivantes, où vous trouverez de quoi nourrir vos pensées. Quand il s'agit de blogs, n'hésitez pas à utiliser les fonctions de recherche (généralement un petit rectangle à gauche où à droite, en haut de page). Avec un simple mot clé, sur tel ou tel sujet, c'est très efficace.

  • Rezo citoyen , un blog regroupant tout un tas d'informations sur les luttes, prises de paroles et propositions alternatives (c'est-à-dire autres que les ronrons ou effets de manche habituels).
  • Le grand soir, un journal alternatif itou.
  • Réseau Voltaire: un réseau de presse non-alignée.
  • ContreInfo: un autre regard sur l'actualité.
  • CADTM: Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde.
  • Bankster TV: dont le slogan est : "Le peuple souverain pour son droit régalien à la création monétaire".
  • Planète sans visa: le blog du journaliste Fabrice Nicolino, pour de bons et salutaires coups de gueules autour du réchauffement planétaire (mais pas rien que). Il décroche un peu en ce moment, mais la fonction de recherche et les nombreux liens dans ses 350 articles (il site ses sources d'information) permet d'avoir accès à une belle somme d'infos.
  • Combat Monsanto: dossiers et actualité des luttes contre la culture d'ogm en pleins champs
  • Inf'OGM: toute l'actualité sur les ogm
  • La télévision paysanne: des vidéos et des textes concernant une autre vision de l'agriculture que celle distillée par l'industrie agro-alimentaire

... Et puis il y a aussi des réseaux dans lesquels on peut s'inscrire pour être tenu au courant :

  • Sciences citoyennes: pour la défense des "lanceurs d'alerte", ces scientifiques dénonçant les dangers de telle ou telle pratique issue de la recherche scientifique, et qui se trouvent être l'objet de fortes pressions, sinon d'expulsions. "Sciences citoyennes" pose le problème de la main-mise des groupes d'intérêts sur la recherche.
  • ATTAC: au départ une association pour la taxation des transactions financières (issue du journal "le monde diplomatique"), attac a progressivement élargie son activité vers le domaine de l'altermondialisme, et est souvent solidaire de bien des luttes.

... ensuite... à chacun de voir... et peut-être de contacter les associations locales de résistance...

C'est la pause! A une prochaine
:) François

jeudi 30 octobre 2008

Le sauvetage des banques

Le CADTM est le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde. Fondé voilà 18 ans, son travail principal consiste à étudier les origines de la dette vertigineuse qui handicape tout le tiers-monde et d'agir en vue de son annulation, perçue non comme une fin en-soi, mais comme  "une condition nécessaire mais non suffisante au développement véritablement durable et socialement juste qu’il s’agit de promouvoir, tant au Sud qu’au Nord de la planète".

C'est une mine d'information ( articles et vidéos ) sur tout ce qui touche au développement juste.

J'y ai trouvé ( ICI ) une interview d' Eric TOUSSAINT ( son président ) sur la crise financière. Ce qui me plait dans ce qui est dit, c'est la vision d'un autre monde possible, tout à fait possible pourvu que la volonté politique d'y parvenir soit suffisamment forte...


Crise financière - ce que le public devrait savoir.
( ça ne marche pas ici avec internet explorer. Désolé: je ne sais pas pourquoi )

Et puis une nouvelle vidéo vient tout juste de paraître sur le site du CADTM. En voici le lien :

Elle est moins chaleureuse, mais plus analytique. Normal : elle accompagne la sortie d'un livre écrit par Eric TOUSSAINT et Damien MILLET :

" 60 Questions / 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale "

mercredi 29 octobre 2008

Gratuité interdite

Paroles.net est un site où l'on peut se procurer des paroles de chansons, des plus anciennes aux plus récentes. Des milliers. Il y a déjà eu quelques actions de la part de certains ayant droits (ceux de  Jean Ferrat, par exemple, mais oui! ) pour interdire les publications concernées, mais aujourd'hui, quand on essaye de s'y connecter, on trouve l'annonce suivante:

Le site Paroles.net n'est plus accessible.
Mon hébergeur a reçu ordre de le suspendre.
Je n'ai pas plus d'info pour l'instant
Thierry

J'ai d'abord pris les boules en maudissant les marchands (une intuition), puis je me suis dit qu'il fallait d'abord s'informer.
J'ai trouvé sur PC impact le post suivant:

La chasse aux sites de paroles de chansons est ouverte

" Gros coup de balais contre les principaux sites de paroles de chansons : 30 de ces sites viennent de recevoir une lettre recommandée. Dans le charmant courrier, la Chambre Syndicale des Editeurs de Musique (CSDEM) les enjoint de cesser au plus vite de diffuser ces données.

Les sites concernés sont :

- Paroles.net
- BestOfParoles.com
- Lexode.com
- BestOfSongs.com
- GreatSong.net
- LaCoccinelle.net
- Fandemusique.com
(Liste non exhaustive)

Sans autorisation des artistes ou des maisons de disques, télécharger de la musique ou partager des paroles est en effet tout aussi interdit... Le risque ? Une action en contrefaçon avec ses 3 ans de prison et 300 000 € d'amende habituels.

Le CSDEM, groupement de 70 éditeurs, n'en est pas à sa première traque. Il s'était déjà fait connaître en attaquant le site Miditext en juin 2002. Un site qui, rappelons-le, proposait plus de 15 000 paroles de chansons, des partitions et des morceaux MIDI.

« La plupart des responsables de ces sites, souvent amateurs, méconnaissent le droit d'auteur et le régime juridique applicable dans ce domaine », rapporte ce groupement. « Quant aux œuvres, elles sont souvent reproduites de manière erronée, et sans qu'aucune mention du nom des auteurs compositeurs et éditeurs n'apparaisse. Suite à ces mises en demeure, plusieurs sites d'importance parmi lesquels www.paroles.net, www.bestofparoles.com ou encore www.lacoccinelle.net ont d'ores et déjà suspendu la mise en ligne des textes et/ou fait part de leur volonté de rechercher des accords avec les éditeurs de musique concernés ».

Des accords qui tangueront au mieux entre l'autorisation accordée et le paiement de droits auprès des organismes de gestion.

En trois jours, une pétition organisée par un des sites a pu récolter 15 000 signatures. Elle est fermée maintenant afin de faciliter la sérénité des débats.

« Je ne suis pas un criminel, les internautes ont beaucoup de plaisir a lire les chansons et cela peut par ailleurs souvent les amener à acheter des disques » nous confie, écœuré, un des webmasters concernés..."

Et bien voilà. Vive le commerce! Comme si de disposer gratuitement de ces textes n'était pas un genre de publicité, gratuite elle aussi... Mais les droits sont les droits, n'est-ce pas! Pourtant, c'est à parier que ça vient pas d'un pauvre auteur inconnu qui n'a que ça pour vivre! Comme le chantait précisément  Jean Ferrat: "Quelque chose est pourri dans mon royaume de France"

dimanche 26 octobre 2008

L'argent Dette

Voici la version intégrale (et en français) du film de Paul Grignon sur l'argent, diffusée en France par Banksters.tv un site spécialisé dans l'information sur ce que sont les banques, et particulièrement les banques centrales.

Il s'agit au départ d'une commande émise par une organisation de défense des consommateurs, à propos des prêts bancaires; puis d'un parti politique canadien militant pour une réforme monétaire; et pour finir de "l'American Monetary Institute", une organisation non lucrative pour "l'étude de l'histoire, la théorie et la réforme monétaire".

Qui sait vraiment ce qu'est l'argent? comment il fut créé, par qui... ? Les économistes sans doute, mais ils sont trop souvent formatés pour fonctionner au service d'un système basé sur le profit et la croissance perpétuelle. Le film de Paul Grignon nous en parle, avec des mots très simples.


L'Argent Dette de Paul Grignon (FR intégral)
( ça ne marche pas ici avec internet explorer. Désolé: je ne sais pas pourquoi )

Ce film commence à faire pas mal de bruit. Tellement même que d'aucuns veulent y voir une relance de la thèse du complot juif, parce qu'on y parle de la signature de la "loi de la réserve fédérale américaine" par Wilson (en 1913), qui donna le pouvoir de créer la monnaie américaine à un cartel de banques internationales, dominées par les Rothschild. Remue-ménage, donc, à tel point que DailyMotion a même demandé à l'équipe d'Arrêt-sur-image (un site d'information) d'accompagner sa diffusion. Et ça se trouve ICI

Mais ce que nous donne Arrêt-sur-image n'est pas grand chose au regard des questions fondamentales qui sont posées dans ce film, personne ne voulant vraiment se mouiller pour dire qu'effectivement il faudrait changer de système. Normal: faut bien que chacun défende son beefsteak! Ils sont d'ailleurs tous tombés d'accord pour condamner l'aspect "complotiste" qu'ils aiment voir dans cette présentation des choses monétaires. Mais c'est quoi le "complotisme" en question? Dire que certaines personnes bien placées dans la hiérarchie de ce système, et désirant encore et toujours plus de profits, nous manipulent par l'intermédiaire de nos gouvernants ? Bin c'est évident non? Comme si ce n'était pas le but du jeu!!! Comme si par exemple les multinationales n'existaient pas, comme si elles étaient irréprochables et sans appétit de pouvoir, comme si le secret de leurs manigances n'était pas une des règles fondamentale de ce jeu mortel qui ravage la planète et ses habitants. Et qu'est-ce donc qu'une manigance secrète sinon une sorte de complot? Quand on vise à s'approprier le bien commun tout en faisant croire que c'est pour le bénéfice de tous, et bien oui: c'est un complot! Même si le mot politiquement correct pour ce genre de chose est "stratégie commerciale". Et bien pour les banques c'est pareil. Les grosses banques internationales ont énormément de pouvoir et développent des stratégies (évidement secrètes!) pour grossir, encore et toujours. Mais ça mérite un billet à part entière...
À suivre, donc...

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