J'ai à peu près quatre fils: deux portent en eux la moitié de mes gènes, les autres non. Trois sont musiciens. Je ne leur ai pourtant rien enseigné. Ah si! Au dernier j'ai juste dit un jour: " le plus difficile pour un musicien c'est de ne pas se prendre la grosse tête".
L'avant dernier n'est pas musicien mais par contre il est juif. Même si on ne pratique pas la religion, si on n'est pas croyant, on fait quand-même toujours parti d'un milieu. On n'échappe pas aussi facilement que ça au monde juif! Sa mère est juive. Quand elle m'a rencontré, puis épousé, sa mère lui a demandé: "Il est juif, au moins?".
Cette fille était une rebelle, mais va savoir: je ne suis pas juif mais mon père était anti-juif. Alors peut-être que c'est la même chose: les opposés ont quelque chose qui les relie. Ce qui est drôle, c'est qu'à cet enfant nous lui avons donné un nom arabe, comme ça, en souvenir d'un ami et en hommage à un monde qui m'a toujours fasciné.
Et puis mon père n'aimait pas non plus les arabes. Il ne leur voulait pas de mal non plus, enfin, tant qu'ils restaient à leur place: "Chacun son monde! ... quoique le leur...". Alors c'est clair que de choisir un nom arabe pour notre fils c'était parfait pour se distinguer de nos parents...
Tout ça pour dire que ce seul fils non-musicien, je l'ai revu y'a pas longtemps, après 26 ans de séparation, et je lui ai offert une guimbarde, parce que ça lui plaisait beaucoup. Et savez-vous le nom américain de cet instrument? La "harpe juive", que les italiens nomment: "chasse-pensée".
De plus, sa compagne est juive. Ils ont deux enfants, mignons comme tout. La première se nomme Malekae, féminin de Malek... Et le second : Beau, qui en arabe se dit "Djamil", prénom de son père.
Et ce Beau là vient tout juste de naître.
13 août
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