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mercredi 8 janvier 2014

1 - En guise de prologue: le Burning Man

Ceci est le carnet de route virtuel d'un voyage de bientôt trois semaines en californie, au printemps 2008. Virtuel parce que déja passé: je suis revenu voilà une semaine,avec 4 CD de photos et l'envie de partager tout ça, Alors en route pour un second voyage, par écran interposé...

Pour commencer, voici le Burning Man. D'accord, ça se passe PAS en Californie ( en tout cas ça ne s'y passe plus) et je n'y suis pas allé! Mais c'est d'origine californienne (1986) et plus précisément de la baie de san-Francisco: brûler un mannequin en face du pont de la Golden Gate, dans une ambiance évidemment festive. Très vite c'est devenu le rendez-vous annuel d' artistes en tous genres venant de plus en plus loin et de plus en plus nombreux: musiciens, sculpteurs, danseurs, acteurs de rue et autres créateurs de "performances"... Alors après quatre ans, et pour être plus à l'aise, le Burning Man s'est déplacé dans le désert du Névada, où chaque année, à la première semaine de septembre, il se construit une ville entière: Black Rock City, aussi grande qu'éphémère et combustible, devenue le temps d'un week-end la troisième ville du Névada... Après quoi tout est démonté!

Voici quelques photos trouvées sur Google (là)

 

 

  

Oh bien-sûr on peut trouver que de venir en masse dans le désert, l'envahir de lumières, de sons, de gaz d'échappements (...) et finir par tout brûler, c'est pas très écolo et que ça participe au réchauffement global de la planête... Alors en 2007 le thème de la rencontre fut: "l'homme vert", avec incitation à utiliser des matériaux recyclés. Pour plus de détails voir ici ( mais c'est en anglais ). Et si je commence par le Burning Man c'est parce que je trouve que c'est très californien tout ça! Et puis Hopi (que je venais visiter) y a sévi quelque temps, pro et accro qu'elle est des "arts du feu". Mais ce sera l'objet d'un prochain message... :)

mardi 7 janvier 2014

2 - Le pays

Il y a d'abord la côte du vaste océan (dit "Pacifique"), avec sa houle à surfeurs, ses requins, ses courants froids, ses migrations de baleines, ses phoques sortant yeux et moustaches hors de l'eau pour voir ce qui se passe dans le coin, ses mille organismes tous plus géants les uns que les autres, et surtout ses abrupts de roches très dures, généralement volcaniques, fortement malmenées par les mouvements convulsifs de la croûte terrestre.

En effet la plus grande partie de cette côte longe la grande faille de San Andréas, l'une des zones les plus agitées de la planête. Ici on vit avec les tremblements de terre qui font pas mal de dégats à peu près tous les vingt ans (comme la rupture du pont entre Oakland et San-Francisco le 17 octobre 1989). "Vivre avec" ça veut dire par exemple prévoir un réseau de communications hors zone, car une des conséquences des tremblements de terre est la rupture des liens physiques (gaz, électricité, routes, relais hertziens...). Il faut demander à une personne lointaine de pouvoir servir de relais en cas de séisme grave. Prévoir aussi des modalités d'évacuation, comme dans le métro de San Francisco, et s'entraîner de temps en temps (ce que bien-sûr on a tendance à oublier!)... ( Photos du tremblement de 1989: à partir d' ici )

Il faut aussi construire en bois, le plus possible: toutes les maisons sont en bois, même recouvertes de crépi!

  

Est-ce par cette ambiance permanente de convulsions terrestres que la Californie est un monde de l'extrême? Montagnes de plus de 4400m voisines de dépressions à -86m... Pays chargés de légendes continuant à se construire, comme celles du mont Shasta, volcan de 4317 mètres, couvert de neiges et de glacier, encore actif (la dernière éruption date de 1786), au nord de la grande vallée centrale. Perçu de tous temps comme une montagne sacrée, ce formidable volcan sert encore de demeure, tant aux anciens dieux amérindiens, qu'aux descendant du mythique continent Mu, voire même aux Anges, Extra-terrestres et autres Maîtres chargés de lumineuses missions sur notre planète en péril...

Pour plus d'informations, suivre les liens suivants:
les légendes du mont Shasta
Les photos de Kevin Lahey
Mount Shasta Companion ( en anglais, mais très fourni )

En aval de ces puissantes poussées montagneuses et volcaniques, sont également apparus de grands ravinements, visibles dans les "bad-lands" désertiques, terres instables et sèches où aucune plante n'a l'opportunité de s'accrocher (comme ci-dessous, dans le désert d'Anza-Borrego)

       

Extrêmes aussi les différences de climat, sur un territoire plus petit que la France (les 2/3): pluies et brouillards du nord-ouest, neiges éternelles des sommets, déserts du sud et du sud-est; avec toute la diversité végétale que cela produit: exubérance des forêts aux gigantesques Red-Woods, prolifération des cactus en zones arides, vignobles et vergers en coteaux à l'intérieur des terres proches de la côte nord, orangeraies plus au sud, immenses champs cultivés de la plaine centrale réputée zone la plus polluée des états-unis... pour ne citer que ce qui saute aux yeux!

   

Extrème enfin l'histoire récente de ce pays qui ne comptait pas même 100 000 habitants aux alentours de l'année 1840: amérindiens (qu'ici on nomme plutôt "natives") déja fortement décimés par l'occupation espagnole (militaire, civile et religieuse) venue du Mexique et organisée en missions sur certains points de la côte; et puis quelques comptoirs russes et américains pour le commerce des fourrures et autres denrées commercialisables. Les américains n'étaient alors qu'une petite centaine en Californie. Mais à partir des années 40 se développent les prémisses de la "conquête de l'ouest", idéologie d'expansion de l'union d'un océan à l'autre. Le gouvernement américain fait plusieurs propositions au Mexique pour acquérir la Californie: refus catégorique, et d'aucuns pensent que c'est la cause majeure de la guerre americano-mexicaine de 1847 qui aboutit à un traité cédant aux états-unis (contre finance) la Californie et 7 autres états. Juste à temps: survenue 9 jours avant la signature de ce traité, la découverte d'or sur les rives de l'American River (affluent du fleuve Sacramento qui débouche dans la baie de San Francisco) allait précipiter la conquête de l'ouest: quelques 200 000 colons (essentiellement mâles) déferlent sur la région, ne reculant devant aucune appropriation: en 10 ans tous les majestueux et millénaires arbres géants des alentours de la baie sont abattus et les terres, louées aux grands propriétaires mexicains, tout simplement revendues en parcelles. Enfin, en 1850, une constitution est écrite, qui dans la pratique revient à intégrer la Californie aux états-Unis. Les propriétaires mexicains préalablement lésés n'ont alors d'autre solution que de brader leurs terres pour payer les frais de procès! Et puis l'affux continua, et continue encore... Sans doute est-ce pour cette liberté de l'extrême que j'aime ce pays, malgrès le vertige qu'il peut donner parfois, jusqu'à la nausée...

lundi 6 janvier 2014

3 - Los Angeles

Fabrice m'avait dit: "vaut mieux que tu restes quelques jours à Los Angeles, le temps de te nettoyer du voyage, de t'habituer". Sage recommandation: il m'a fallu pas loin d'une semaine pour digérer le décalage de 9 heures avec la France! Je suis arrivé un vendredi soir après un couché de soleil en altitude qui a bien duré 2 heures vu que l'avion volait vers l'ouest à quasiment 1000 km/heures. Je n'avais pas volé depuis plus de 25 ans, et ça a bien changé: à l'époque on applaudissait le pilote quand les roues touchaient terre, et on se relayait aux hublots pour dévorer des yeux le somptueux panorama de la Terre et des nuages... Deux heures d'attente dans un terminal un peu délabré, un coup de téléphone, et Jean-Paul (un musicien français installé en ville depuis plus de 20 ans) me conduit quasi directement au nord de L.A. où Fabrice et Ursula louent une chambre, dans une belle maison pas loin de Grifith Park. Ils n'arriveront que dans 24 heures (de France), mais l'accueil de Jean-Paul, qui m'offre une bonne bouteille, puis d'Anna (qui loue dans la même maison que Fabrice et Ursula) est fort sympathique... De quoi m'endormir enfin, le sourire aux lèvres.

  

   

Cette maison où je suis resté tout le week-end est dans un quartier très particulier de L.A, sans doute le seul où les rues sont sinueuses! Parce qu'ailleurs c'est tout au carré, par centaines de milliers de parcelles délimitées par autant d'arbres, souvent des palmiers aussi hauts que droits. On a beau se vider l'esprit, on a toujours une certaine idée d'un endroit qu'on n'a jamais vu (mais dont on a entendu parler). Alors bien sur il est rare qu'on ne soit pas surpris quand on y va. Ce fut le cas pour moi: je m'attendais à plus gris, mouvementé, invivable... Et bien mes premières impressions furent agréables: beaucoup de verdure, des gens aimables, souriants (peut-être à cause du printemps?) une grande diversité de boutiques, et plutôt moins cher que ce à quoi je suis habitué. Même les supermarchés m'ont semblé plus accueillants et coquets, surtout sans cette parano française qui fait qu'une fois entré dans un des nôtres il est difficile d'en sortir ailleurs que par les caisses, avec en prime (si vous le faites quand même) le regard pesant d'un surveillant musclé qui vous injecte sournoisement l'impression de ne pas être tout à fait en règle. J'en ai parlé quelques fois ici: il paraîtrait que vu les systèmes de vidéo-surveillance et le port d'armes autorisé... En tout cas, ce confort là je l'ai remarqué!

Cet interminable alignement de parcelles carrées bordées d'arbres s'étend sans discontinuité sur au moins 150 km d'est en ouest et du nord-ouest au sud-est. Une vaste banlieue en somme, et qui ne cesse de grandir: la périphérie est pleine de chantiers. Alors il y a beaucoup de monde par là-bas, mais pas tant qu'on pourrait le croire (un peu moins de 20 millions) parce qu'en dehors de quelques quartiers très peuplés, on trouve surtout des pavillons. De quoi vit tout ce monde là? Ce fut d'abord l'or (milieu du 19ème siècle), puis le pétrole (fin du 19ème), le port qui ne cessa de se développer, orienté vers l'inde et l'extrême-orient, l'amérique du sud. Et puis bien-sur tout ce qui tourne autour du cinéma puis de la télévision. De grosses industries se développèrent, favorisées entre autres par les besoins militaires lors de la seconde guerre mondiale (automobiles, avions, armes, mais aussi vêtements et meubles...). Puis les délocalisations orientèrent l'économie vers les services, les communications, la finance... même phénomène (mais à une plus grande échelle) que près de la frontière mexicaine où les entreprises ont deux centres: gestion et finance du coté californien, fabrication et manutentions du coté mexicain... C'est ce qu'on appelle une collaboration harmonieuse! Ce qui donne une odeur de monstruosité au développement de cette mégapole, c'est que mis à part la douceur du climat, les conditions physiques n'y sont pas vraiment favorables: c'est une région qui manque d'eau. Début du 20ème siècle, alors que la ville ne comptait encore que 100 000 habitants, le besoin d'eau se fit pressant (d'autant que la pénurie fut bien organisée). Alors la ville acheta des terres (par quelques tractations dignes d'un western) et fit construire un aqueduc de 400km pour amener l'eau de la rivière Owens, depuis la frontière du Névada. Résultat: assèchement de la vallée, baisse drastique du niveau du lac du même nom, création de quasi-déserts avec tempêtes de sables et de sel... Yeah! Et puis la ville continuant à se développer, on construisit un second aqueduc, captant cette fois-ci les eaux du fleuve Colorado. Et c'est comme ça qu'on peut trouver à Los Angeles des tas d'arbres et autres plantes exubérantes, et même des magnolias, des ficus, et des oiseaux-mouches...

  

  

A propos des eaux du Rio Colorado, voici une histoire bien américaine: en 1905, une forte crue du fleuve fit que les eaux, empruntant des canaux d'irrigation se déversèrent dans une plaine désertique située bien en-dessous du niveau de la mer, formant un lac d'environ 1000 km carré (53km de long sur 21 de large). Évaporation et infiltrations auraient certainement fini par l'assécher si les agriculteurs n'avaient trouvé fort pratique de s'en servir comme deversoir des eaux prises dans le Rio Colorado et utilisées pour dessaler la terre (lavage). Ainsi fut constitué le plus grand lac de Californie, de surcroît salé comme tant d'autres en zone désertique, et c'est aujourd'hui une zone très touristique, avec même une réserve d'oiseaux sauvages... Concernant les fleuves et rivières de cette partie des état-unis, le chamboulement écologique est à l'image du reste: colossal. Au niveau du delta (mexicain), le fleuve Colorado navigable autrefois ne ressemble souvent plus guère qu'à un ruisseau. Faune et flore s'appauvrissent dans les mêmes proportions. A cette histoire de détournement d'eau s'ajoutent aussi toutes les pollutions, agricoles et ménagères, les bétonnages des lits de rivières (pour diminuer les pertes) et tout ce qui s'en suit sur l'importance et la qualité des nappes phréatiques. Sans parler de ce fameux smog de Los Angeles, qui ne date pas d'hier puisqu'il fut mépris lors de la seconde guerre mondiale pour une attaque aux gaz menée par les japonais! Ceci dit, la lutte contre la pollution existe aussi, comme la réhabilitation du lac Owens et la décision (2006) de baisser le taux du smog de 45% en 5 ans. Et toutes ces misères environnementales n'empêchent pas bon nombre de personnes d'aimer vivre à Los Angeles, ne serait-ce que pour son activité artistique paraît-il intense.

  

Sur le banc, c'est Jean-Paul et une amie...

  

Ezra et Ursula

En tout cas j'ai bien aimé, sans doute parce que ces collines au nord de la ville sont particulièrement coquettes et agréables, et aussi pour le dépaysement offert par la grande variété des communautés: j'ai trouvé des quartiers coréens, grecs, et même arméniens! Et «quartier» ça veut dire qu'on y voit et entend parler la langue en question (parfois même rien que celle-là!) et que les magasins y vendent les produits qui vont avec. Je n'ai cité bien-sur que ceux que j'ai vu. Les organismes de recensement annoncent que la majorité de la population est maintenant hispanique (quasiment la moitié)... Je suis resté là tout un week-end, à regretter de n'avoir pas pris d'appareil photo. J'ai même failli en acheter un! Heureusement Ursula m'a prêté le sien, et plus tard Hopi (pour tout le reste du voyage), Hopi qui est arrivée le lundi midi, pour m'emmener jusqu'à Oakland, à 600 km plus au nord...

Quelques liens fort instructifs:
- approche générale
- environnement
- la crise de l'eau

dimanche 5 janvier 2014

4 - Hopi, John et Cassius...

Pour aller jusqu'à Oakland je voulais passer par Ojai (prononcer: Ohaï) parce qu'ayant beaucoup lu le philosophe Krishnamurti décrire ses promenades autour d'Ojai, je m'étais fait une petite idée des montagnes de ce pays. C'est pas très loin de la côte, au nord-est de Los Angeles avant Santa Barbara, une petite ville où on cultive beaucoup l'oranger (miam!)... Et bien non, ma vision était fausse: paysage beaucoup plus méditerranéen que je ne le croyais! On y a passé la nuit, dans un hôtel désert mais coquet, comme le reste d'ailleurs: la côte est très touristique. Les retrouvailles avec Hopi se sont faites petit à petit. Je crois qu'on est comme ça: pas d'explosions sentimentales, tout en douceur. Faut dire que lorsqu'on s'est quitté elle avait 6 ans... Elle en a bientôt 35! On s'était bien entrevu il y a 10 ans alors que je voyageais en roulotte, en Italie, le temps d'un soir et d'un matin... Mais il nous en aurait fallut un peu plus pour faire de nouveau connaissance.

  

Cette fois nous l'avions, le temps : Hopi s'était mise en congé pour une dizaine de jours... Nous sommes allé voir le Pacifique, et aussi la médiathèque consacrée à Krishnamurti. Nous avons traversé les montagnes et les champs de pompes à pétrole, jusqu'à la vallée-centrale, vaste plaine cultivée à perte de vue, qui remonte sur 500km jusqu'à Sacramento, avec son autoroute interminable empruntée intensément par ces fameux camions américains aux vastes cabines rutilantes, et bordée de ces tumbleweeds desséchées qui poussées par le vent roulent et viennent s'agglutiner contre les clôtures. Nous avons bifurqué sur la gauche au niveau de la baie de San Francisco, et nous voici à Oakland, chez Hopi, John et Cassius!

   

Hopi est professeur de sculpture dans un centre de formation pour adultes (j'en parlerai plus en détail à la page 5). John a monté une entreprise d'installation de panneaux solaires, ce qui fait que leur fils Cassius (4 ans) ne manque pas de lui signaler chaque panneau qu'il découvre dans le paysage. Normal: John est un père très attentif, jouant volontiers avec lui et répondant à chacune de ses questions, non sans un humour savoureux digne de ses origines irlandaises.

  

Quand à Cassius, il fréquente une école maternelle (pas tout-à-fait ordinaire) où je suis allé jouer de l'accordéon et montrer aux enfants comment faire de la musique avec des cuillères. Du coup il explore les possibilités musicales de tout ce qui lui tombe sous la main!

  

Hopi et John attendent maintenant un nouvel enfant, pour septembre.

samedi 4 janvier 2014

5 - Hopi: la sculpture et les arts-du-feu

Hopi est professeur de sculpture dans un centre de formation pour adultes.

     

Sa spécialité c'est la fonderie, mais avec ses élèves elle travaille aussi sur des assemblages à partir de ce qu'on lui apporte.

   

    

   

Avant cela elle travaillait au Creuset (leur site: the Crucible) un centre qui propose des ateliers de sculptures en tout genre: on y peut s'initier à la fonderie, au travail du verre, du bois, à la soudure, aux tubes au néon et autres gaz, et même à la réparation des vélos! Un centre qui travaille en partenariat avec la ville d' Oakland qui par exemple y fait forger ses grilles d'arbres... Il s'y prépare également des performances dans les arts-du-feu, avec par exemple une voiture de pompiers transformée en jongleuse et cracheuse de flammes. On y élabore aussi des véhicules inédits comme cette moto bio-diesel.

   

Les arts-du-feu ça consiste tout simplement à jouer avec le feu (au sens propre!) et plus précisément, pour ce qui concerne Hopi, avec du métal en fusion.

  

   

Bien-sur elle m'a fait visiter quelques expositions et lieux d'art. Voici Albany Bulb, sur un terrain-vague en bord de Baie, juste en face de San-francisco: une ancienne décharge qu'artistes et amoureux réhabilitent petit-à-petit, menacés en cela par une firme qui voudrait bien y installer ses magasins et entrepôts (air connu). C'est de l'art sauvage et actuel. Je veux dire par là que ne peut subsister dans ces lieux ouverts à qui veut, que ce qui plaît aux habitants-de-fait: vagabonds et noctambules en tout genre. Certaines installations par trop parachutées se trouvent pillées illico-presto! Alors admire ce qui demeure...

   

   

   

    

  

À propos de récup', voici ce qu'on peut découvrir chez certains ferrailleurs d'Oakland, du coté d'Embarcadero:

  

 

Et puis nous sommes allés tout au nord de la baie, là où le Golden Gate Bridge (le Pont de la Porte d'Or) permet de rejoindre San Francisco: Marine-Headlands. C'est une ancienne zone militaire qui sert maintenant à diverses activités touristiques sportives et culturelles... Sur les photos, voici une maquette de ville faite en gelée, "3 ados" par Marie Van Elder, et puis un assemblage d'objets de récup' agencés selon les couleurs.

  

J'en profite pour donner maintenant une petite idée de l'art sculptural que m'a fait voir Hopi sur son i-Book.

- D'abord quelques photos sans commentaires (parce que je ne sais pas qui a fait ça! Des amies à elle, je crois)

  

Et puis quelques personnalités "bien connues":

- Edward Kienholz (1927-1994) d'origine américaine. Ses sculptures mettent en scène un quotidien qui dérangeait (avortement, guerre), si bien qu'à la fin des années 60, interdit d'exposition, il s'exile en europe (plus d'info ici). Ci-contre: The portable war memorial.
 

 

 

 

- Erwin Wurm (infos sur Wikipédia) un autrichien qui aime s'en prendre à la société de consommation en déformant personnages et objets. (à gauche)

 

 

 

 

 

 

- Maurizzio Cattelan (ci-contre), italien de Padoue, installé à New-York. Pas besoin de commentaires... (voir sur Wikipédia) -

 

Et le petit dernier, le plus à la mode, le plus coté: Cai-guo-qiang, (voir son site) né en chine en 1957, installé au Japon dans les années 80/90 puis à New-York. Il fait parti de l'équipe chargée de mettre en forme la cérémonie d'ouverture de J.O. de Pékin.

  

(Une petite parenthèse, à propos d'ordis: l'i-Book est très fréquent ici; il y en a partout! C'est comme les téléphones portables avec GPS et Google-map. Efficace pour s'orienter, ce qui n'empêche pas d'ailleurs de pouvoir demander un renseignement quand c'est nécessaire, le plus simplement du monde et sans cérémonie. Même qu'il y a quelque chose de facile dans les relations, une sorte de bon vouloir basique. C'est sans doute pas pour rien que le mouvement Hippy a démarré dans cette région...)

Je termine en informant que Hopi cherche une résidence artistique en France, en Allemagne, en Espagne peut-être... ou ailleurs en Europe...

 

vendredi 3 janvier 2014

6 - La Baie: Oakland et Berkeley...

  Voici une photo de la baie de San-Francisco, prise depuis les hauteurs d'Oakland ("le pays du chène") depuis le point rouge indiqué sur la photo satellitaire (USGS). Au fond c'est San Francisco, avec à droite le fameux "Golden Gate bridge" (pont de la Porte d'Or) et derrière: l'Océan Pacifique. C'est l'unique passage maritime entre l'océan et la baie, nommé "Porte d'Or" par ceux qui l'empruntait en vue de remonter le fleuve Sacramento (dont l'embouchure est plus à droite) jusqu'aux mirifiques gisements du nouvel El-Dorado. La baie s'étend sur une centaine de kilomètres et est entourée d'habitations réparties sur plusieurs communes. A gauche (en premier plan) c'est Oakland et son port, et sur la droite le début de Berkeley.
Entre Oakland et San Francisco: le "Bay Bridge" passe par l'île de "Yerba Buena".

Le port d'Oakland est en fait LE port de la baie. Si on parle surtout de San Francisco, c'est qu'à l'époque de la ruée vers l'or c'était le seul endroit où les bateaux pouvaient accoster en eau profonde. Mais avec l'arrivée du chemin de fer Oakland se développa. On creusa un large canal suffisamment profond pour que les plus grands vaisseaux puissent accoster près de la gare... L'incendie qui ravagea San Francisco à la suite du tremblement de terre de 1906 poussa de nombreuses compagnies à s'installer à Oakland. L'ouverture du canal de Panama, en 1914, et le développement de l'industrie de guerre firent les beaux jours de la ville ... Aujourd'hui, les restructurations du monde industriel ont appauvri la population ouvrière, donnant à la ville une réputation de forte criminalité. Mais ce que j'ai surtout vu, c'est le commerce avec la chine!

  
  

Aux dernières nouvelles (été 2008), la vie à Oakland n'est pas vraiment paisible: Hopi vient de recevoir une salve de fusil dans sa cuisine, par des voisins pris dans une querelle un peu trop chaude! Elle envisage de déménager, mais ce n'est pas si facile...
Pourtant j'aime bien la Baie, pour son espace, l'étendue aquatique toujours présente, les forêts toutes proches. Mais si j'avais le choix (et les sous avec !) c'est à Berkeley que je m'installerais, sans doute par ce que c'est une ville universitaire et que j'aime l'ambiance qui en découle. On y trouve de petits bouquinistes fort bien achalandés, des restaurants en tout genres (par exemple éthiopiens), des alimentations incroyablement fournies en produit du monde entier... tout un art de vivre qui me plait bien ( même si on dit à Los Angeles que les habitants de la Baie sont un peu snobs, voire intellos)... avec aussi des lieux de musique, parfois insolites, comme chez Adams & Chittenden, une verrerie de précision pour laboratoires scientifiques, et qui ce soir-là donnait une petite fête "portes ouvertes", avec la présence musicale du groupe "FishTank", et un alambic tout en verre distillant un alcool de framboise, très parfumé...

            
  
     

jeudi 2 janvier 2014

7 - San Francisco

En français: Saint-François, ancienne mission espagnole. D'ailleurs le quartier espagnol (très sympa) s'appelle encore "Mission"... Une ville calée sur une presqu'île pentue, pas vraiment l'endroit idéal pour bâtir. Mais par contre, c'était parfait pour que les bateaux de gros tonnage puissent accoster, à l'abri des tempêtes océanes. Ce fut donc un port important, jusqu'au développement de celui d'Oakland. Il n'est désormais plus utilisé que pour les ferries, la navigation de plaisance et le tourisme.

J'en profite pour signaler qu'il y avait non loin du vieux port un magasin d'instruments de musique du monde entier (Lark in the Morning), où l'on pouvait trouver aussi bien des flutes Lakota (amérindiens) que des Kanouns ou des ouds (instruments du moyen orient), et bien d'autres choses étonnantes.... Mais ils sont installé maintenant (septembre 2014) plus au nord, à Fort Bragg, dans le conté de Mendocino (dont je parlerai dans la prochaine page)...  Leur site est  ici

... ... ...

On accède à San Francisco par le port (navettes), par le métro (BART) sous terre, ou par de vastes ponts très fréquentés.

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On arrive ainsi au cœur de la ville, où se trouvent les grattes-ciel ...


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... Avec aussi un petit havre d'espace, lieu de détente et de culture: le parc " Yerba Buena "

    

Et puis juste un peu plus au nord, sur ces pentes raides rendues célèbres par leurs vieux tramways, voici le quartier chinois ...

 

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... Et au cœur du quartier chinois, sur l'artère principale, il y a le ...

"Chinatown Kite Shop"
717 Grant Avenue, Chinatown San Francisco, CA 94108
(415) 989-5182
chinatownkite@yahoo.com  ( leur site est  ici ) ...

... qui est un magasin, petit de taille, mais bourré de cerf-volants tous plus étonnants les uns que les autres.

        

Et puis la vendeuse est très sympa... :) ... ce qui n'est pas toujours le cas dans les magasins du chinatown.
... soupir...

... Je ne peux pas quitter cette page sans quelques photos des maisons traditionnelles...

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... ni celles-ci, pour le fun !

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mercredi 1 janvier 2014

8 - Djamil, Jenna, Malekae & Beau

... Ensuite, mon fils Djamil est venu me chercher pour m'emmener plus au nord, dans le comté de Mendocino, où lui et sa petite famille habitent une de ces maisons aux allures de cabanes, fort plaisantes et dans la lignée de ce que batirent les "freaks", "heads" et autres adeptes de l'éloignement et du retour à la terre, dans les années 60-70 :

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Djamil cultive son jardin et bâtit une nouvelle maison, Jenna est sage-femme, Malekae étudie à l'école française, et Beau s'occupe de grandir !

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En fait, avec Djamil on ne s'était pas vu pendant 26 ans, puis 3 semaines au cours d'une visite en France, il y a 3 ans...
Pour ce qui est du français, Jenna et Malekae le parlent assez bien, mais lui, Djamil, plus du tout! Il est plutôt intéressé par faire. Alors il m'a fait visiter le pays, un pays plutôt humide (en tout cas près de la côte) un pays de forêts, avec de grands arbres et quelques prairies bien grasses.

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Bon... Je vais consacrer la prochaine page à la côte, puis une autre encore à la Grande-Forêt  :)